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Écrit par Claude Aubert   

Un intéressant sondage a été publié par la revue Terraeco dans son numéro de décembre. Il en résulte que 44% des personnes interrogées ne mangent jamais bio. La première raison invoquée est le prix, pour 72% d’entre elles, suivie de près par « parce c’est devenu un business », raison invoquée par 57%  d’entre elles. Un résultat inquiétant, lié à toutes les critiques faites au bio ces derniers temps sur ce sujet. Qu’il y ait des dérives et une industrialisation d’une partie du bio, c’est vrai et regrettable, mais à force de les mettre en avant, on est en train de jeter le bébé avec l’eau du bain, c’est-à-dire de décrédibiliser l’ensemble de la filière bio. Il me semble donc important de relativiser des affirmations souvent excessives :

 

-          contrairement à ce qu’on entend souvent, la part des produits importés dans les aliments bio consommés en France ne cesse de diminuer. Elle est aujourd’hui d’environ 30%, dont la moitié concerne des produits tropicaux. Il ne reste donc que 15% de produits qui sont importés et pourraient être produits en France.

-          L’agriculture biologique européenne reste en très grande majorité une agriculture familiale, avec des exploitations dont la taille est inférieure à celle des exploitations conventionnelles.

-          50% des produits bio sont vendus en grande surfaces, c’est beaucoup, mais il faut comparer avec le conventionnel, où c’est sans doute autour de 95%.

-          Il est faux de dire, comme le font certains, que le cahier des charges européen n’a plus grand-chose à voir avec le bio. Certains assouplissements sont évidemment regrettables, mais l’essentiel est préservé, et notamment l’interdiction de l’azote chimique, de tous les pesticides de synthèse  et bien entendu des OGM, les trois grands fléaux de l’agriculture conventionnelle. Ce qui n’enlève rien à l’intérêt de cahiers des charges privés plus exigeants, comme celui de Nature et Progrès, de Demeter, de Bio Cohérence ou de BioBourgogne.

-          Je ne pense pas qu’il faille regretter que l’on trouve de plus en plus de produits bio dans les grandes surfaces. Même si les autres modes de distribution (magasins spécialisés, vente directe) sont bien entendu préférables, il faut être réaliste : une majorité de français fait toutes ses courses alimentaires dans les grandes surfaces. L’augmentation des parts de marché de ces dernières ne s’est d’ailleurs pas traduite par une diminution du chiffre d’affaire des autres modes de distribution, ce qui montre que les grandes surfaces touchent une nouvelle clientèle, essentielle pour assurer des débouchés aux agriculteurs bio, fort heureusement de plus en plus nombreux. Il me semble par ailleurs très exagéré de dire que les grandes surfaces s’approvisionnent principalement de produits de l’agriculture bio « industrielle » importée. Un rapide enquête effectuée dans les rayons de l’une d’entre elles m’a montré que de très nombreux produits sont d’origine française.

Ces remarques n’empêchent pas, cela va ce soi, qu’il faut désapprouver une bio qui se réduit au simple respect du cahier des charges, sans autre préoccupation environnementale et sociale, et qui n’est qu’une caricature de la bio telle que la conçoit et la pratique la grande majorité des agriculteurs bio, notamment en Europe.

Mise à jour le Mercredi, 22 Mai 2013 19:20